Chroniques de voyage – 9

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Après un stop de 24 heures à Cuenca, je remonte par les montagnes vers Banos.

Banos est une chouette petite ville, perdue dans les collines avec une épée de Damoclès de lave et de 5000 mètres au dessus de la tête qui a la forme d’un volcan et qui s’appelle Tungurahua. Il gronde et vibre régulièrement. Sympa de vivre ici. En dehors du fait qu’on puisse vivre un Pompeï latino, la vie y est douce, sauf que…. C’est plein de touristes. Les équatoriens présents sont là pour les touristes, pour qu’ils s’amusent et aient des activités. Ca me gonfle parce qu’en les regardant je me reconnais en partie. Je me surprends à fuir ces lieux, tous ces gens qui cherchent la découverte d’autres cultures se retrouvent dans les mêmes endroits, mêmes restos, mêmes bars. Finalement les endroits « vrais », ceux qui font vibrer ne sont pas là où on achète un tour de VTT encadré par un spécialiste local, où on saute d’un pont accroché à un élastique ou je ne sais quoi d’autre.

Ce qui est évident c’est que j’ai eu plus d’échanges avec des gens d’ici dont je ne parle pas la langue qu’avec les autres. Le sourire et le rire, connexions universelles. Là de suite, Margarita, la serveuse du bar qui m’a servi 2 mojitos, 2 parce que elle m’avait oublié donc pour se faire pardonner m’en offre un deuxième… J’ai parlé avec elle de la pluie, du beau temps et d’éruption volcanique. 10 mn d’échange sympathique, c’est pas compliqué la vie. Bon le 2ème mojito aide généralement à parler espagnol, ou russe et même polonais.

Pour clôturer la soirée, Banos qui veut dire Bain est une ville thermale, je décide de tester le trempage dans différents bains d’eau chauffée par le volcan, Pompeï latino, catastrophe imminente d’après Margarita. Je confirme que c’est imminent vu la chaleur de l’eau. Les locaux se délectent de ces bains. C’est vrai que c’est agréable, au début, parce qu’après on se sent très vite comme des pates, trop cuites. Je n’ai pas testé le bain « Muy caliente », j’y ai trempé un doigt de pied, l’ongle a fondu, j’ai abandonné. Que des vieux dedans, après réflexion approfondie et confirmée grâce aux 2 mojitos avalés j’en ai conclu que pour supporter ça c’est qu’ils étaient à moitié froids.

La journée a été une belle journée malgré tout. J’ai loué un VTT pour aller voir des cascades. 25 bornes de bitume, en descente, avec bus et pick up qui passent au ras des pédales, c’est de l’aventure « qu’elle est cool » .

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Les cascades ? Magiques. Tellement escarpées que ça les rend difficilement exploitables massivement, ce qui les sauve. Ecrin de verdure, filet d’eau qui tombe… Enfin quand je dis filet c’est un filet qui tombe de très haut et qu’il vaut mieux éviter de prendre sur la tête, il est épais, frais, sublime. Descendre dans la forêt au milieu de mille et une fleurs, entendre et ressentir la puissance de l’eau, c’est magnétique, le sentiment de se recharger à chaque pas vers la cascade.

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Le truc magique qui s’additionne à la magie de la cascade ? Les papivoles (oui OK, les papivoles ce sont les papillons, ceux qui sont nés avant 1975 comprendront). Bon, les papivoles virevoltent par dizaines pour accompagner les visiteurs à la cascade. Ils sont pas rancuniers, certains essaient d’en capturer pour surement les épingler dans je ne sais quel cahier mortuaire. Les plus cools (oui ça peut être super cool ces bestioles) se laissent photographier. J’arrive enfin au pied de la cascade et je reste scotché : Je ne suis rien, elle fait au moins 100 m de haut émet un son grave dans une bruine multicolore qui diffuse partout, c’est fantastique.

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Perdu dans mes pensées sur le chemin du retour, je capte malgré moi la conversation de 2 français qui se lamentent du coût du transport maritime de la Rochelle vers le continent américain… Je reste dubitatif et retourne à mes papillons, bien plus intéressants.

Demain Je remonte à Quito qui est à 3 heures de bus.

La suite très vite :)