Chroniques de voyage – 8

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L’hôtel est toujours aussi sympa mais pour limiter un peu le budget, j’ai échangé ma super piaule contre une piaule tout aussi sympa mais que je partage avec 7 autres touristes. Je voulais échanger, rencontrer du monde et partager des choses. Ca tombe bien, cela m’a donc permis de profiter copieusement et en stéréo, des ronflements de mes voisins respectifs de lit. Non seulement champions du monde de ronflements mais aussi de vitesse d’endormissement, soit 2 mn environ pour Gary, l’américain et 4 pour Charles, le canadien. Si ça c’est pas un bol énorme de tomber sur des champions olympiques…. La nuit et les 2 suivantes d’ailleurs ont été assez « bruyantes ». Je me lève, pas dans une forme éblouissante pour aller crapahuter mais bon, la motivation est là et la paysage toujours aussi sublime.

L’accueil de l’hôtel qui file des cartes de randos ne semble pas très chaud à me voir partir seul. C’est pas dangereux dit il mais certains passages méritent d’être appréhendés à plusieurs, au cas ou… Je me retrouve donc accroché à un groupe de 4 suisses, pas très emballés à l’idée qu’un frenchie les suive. Je les suis de loin, ça me va très bien.

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Vilcabamba n’est pas une ville d’altitude, elle est perchée à 1500m, les balades oscillent entre 1500 et 2000, 2500. Pas de la haute montagne, ce qui m’arrange bien, je suis sujet au vertige. La randonnée, de 5 heures est une boucle. Autant le dire de suite, je suis pas un randonneur, encore moins un montagnard. Je vois les petits pics qui ressemblent plus à de grosses collines qu’autre chose et je me sens plutôt serein. La balade se poursuit sympathiquement, il fait doux, ca grimpe mais c’est assez aisé. Beaucoup de végétation, pas mal de petites fermes. J’apprécie ce que je vois et j’en profite. Je finis par échanger quelques paroles avec mes co-randonneurs, ca reste des échanges polis. Le sentier commence à se raidir, comme mes mollets du coup. Pas grave, faut bien donner un peu, c’est quand même la Cordière des Andes. On domine la ville de Vilcabamba, c’est superbe, mais ça souffle, et pour cause, on est en haut de la première colline et on va attaquer un sentier, étroit et sinueux mais surtout au ras du vide. Bon, je fais quoi ? Presque la moitié de la rando faite, c’est vraiment maintenant que ça devient très beau…. Et puis je semble être le seul à avoir la trouille. Le sentier escarpé semble faire une cinquantaine de mètres, ho et puis merde, je tente. Les suisses passent en premier, ça bouchonne un peu, le premier décide de franchir une partie du passage sur les mains, c’est vrai sur les pieds c’est trop simple.

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De suite je saisis l’opportunité de me faire remarquer et je fais une partie du passage sur le derrière, c’est moins classe mais aussi original et surtout environ un mètre moins haut et beaucoup plus stable. Ils ont la gentillesse de ne pas souligner ce brillant exploit accompli par mon derrière et moi-même. Ils trainent un peu, je décide de passer devant, heureux d’avoir dépassé LA difficulté. C’était une erreur, c’était en fait la PREMIERE difficulté, une bonne partie du reste de la balade s’est fait sur des crêtes plus ou moins gravillonnées. Vent, crêtes et sentiers très rocailleux instables, je pense détenir le record mondial de rando sur derrière d’Amérique latine. Mon téléphone portable ne s’en est pas remis puisque il a décidé de sauver mon postérieur en s’interposant entre lui et un rocher. Je décide donc de faire une pose… sur mon derrière et d’observer le paysage qui porte très loin. Avec ma trouille j’ai failli passer à côté. C’est fou comme la peur parasite tout. Je me force à prendre mon temps et au final je découvre que ces collines sont habitées par du bétail, vaches, chevaux qui par leurs passages quadrillent et maillent les collines avec un effet visuel curieux. Au bout d’un moment je décide de faire face aux futures difficultés que je pressens, et j’ai pas été déçu. Un fois en bas, je passe 2 heures dans le lit asséché d’une rivière pour rejoindre l’hôtel.

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La journée fut épuisante mais je suis ravi non seulement de ce que j’ai vu mais d’avoir dépassé ce foutu vertige. C’est important de se dépasser même si ca reste une victoire modeste. Pour fêter cela, la montagne m’offre une double arc-en-ciel sur la vallée, je pense que c’est cette vision que je garderai de Vilcabamba.

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Demain je reprends le bus et je remonte tranquillement vers la France, en faisant un stop à Cuenca, puis un autre à Banos, petite ville thermale très sympathique me dit-on.

La suite très vite :)