Chroniques de voyage – 5

 

regards échangés...

regards échangés…

Je me suis décidé rapidement, l’Equateur n’est pas, pour moi une destination « océan », à moins d’aller aux Galapagos mais les tarifs pour s’y rendre sont pour le moins rédhibitoires, je quitte donc la côte pour les terres, les montagnes, hautes si possible.

Je le sais ce matin que la journée va être longue mais bon, ca devrait « le faire » pour reprendre une expression que je ne supporte pas. Il est 7h du mat sur la place principale de Canoa et je prends le premier bus, le seul qui permette de quitter cette petite ville ma foi bien sympathique. Le bus est typique, oui « typique » c’est quand même bien mieux que « pourri » même si là, c’est clairement synonyme. En gros ce que j’ai prévu est simple, un premier bus qui me mène dans un bled où je prends un bus qui me mène à Guayaquil, endroit d’où je prends un bus qui me mène au sud, à Loja, entre Cuenca et Vilcabamba.

Arrivé à la gare routière du premier bled, je veux acheter un billet pour le bus qui part de suite, il est plein, faut attendre 3 heures le prochain. Inutile de préciser que ca flingue clairement mes prévisions. Je erre dans la gare routière qui n’a pour seule particularité justement de n’en avoir aucune. L’heure de partir arrive enfin, c’est du première classe, place nominative, bouteille d’eau, en premium quoi. Mon voisin de siège, un homme entre 2 âges très agréable, veut comprendre ma présence ici. On passera plusieurs heures à discuter, dans un mélange d’anglais d’espagnol et de grands gestes. Il descendra du bus lors d’un arrêt minute pour acheter des espèces de beignets, juste pour que je goutte, le genre de personne qui fait que j’aime et j’aimerai toujours voyager.

sur la route, de drôles d'arbres...

sur la route, de drôles d’arbres…

En quittant la côte les paysages changent beaucoup, se vallonnent. On traverse de nombreuses villes, avec de nombreux dos d’âne, trop nombreux. Je reproche au chauffeur, ainsi que tout le bus d’ailleurs qui n’hésite pas à le pourrir copieusement, de ne pas tous les voir, et un dos d’âne en bus à 50 km/h, c’est violent. La place 45 est une des 4 places à l’arrière qu’il faut éviter, si si. Elles ont la particularité d’être sur l’essieu arrière. L’équation « essieu arrière, place 45, dos d’âne et 50 km/h » mène  immanquablement au résultat suivant : saut de 50 cm sur le siège et gueule dans le porte bagage, et c’est pas bueno du tout, c’est amusant les 2 premières fois, les 3 suivantes sont de trop, vraiment.  Le voyage a donc été long, très long, plus que prévu par la compagnie de bus. Arrivé à 18h à Guayaquil, je suis à la moitié du chemin que j’avais prévu. En terme de fatigue et nervosité, je suis à 2 fois et demi. Je tente de rester cool, je n’ai pas d’impératifs, je m’efforce de positiver sur la situation : positivacion. Guayaquil n’a que peu d’intérêts comme ville. Grande, polluée, pas très Secure, je n’ai aucune envie d’y passer la nuit. De la gare routière où mon bus sauteur m’a largué, je découvre que l’aéroport est à 10 mn. Je saute dans un taxi et envisage sérieusement de chopper un avion, peu importe pour où. L’avion pour la destination idéale a décollé 10 mn plus tôt, pour Cuenca, y’a un avion dans 1h15. Cuenca, j’avais prévu d’y aller, plutôt  au retour, mais bon, y être pour 21h, ça sauve un peu la journée qui a été un peu foireuse quand même.

2h plus tard, je sors de l’aéroport de Cuenca, de nuit. Je partage un taxi avec un jeune qui rentre chez lui, me dépose gentiment devant un hôtel qui selon lui est très sympa… mais complet. Il est donc 21h15, peu de monde dans les rues. Je me dis que ça va être compliqué de trouver un endroit où me poser… quand une porte s’ouvre, 3 jeunes touristes sortent d’un bâtiment, je leur demande si ils connaissent un hôtel sympa. Ils me répondent  « oui, ici » j’entre, rien ne montre que c’est un hôtel. 5 mn après je suis dans une piaule sympa, enfin.

Le bilan de la journée peut paraître un peu calamiteux, beaucoup d’heures de transport plutôt inconfortables pour ne finalement pas atterrir là où je le souhaitais mais bon, au final, j’ai vu de beaux paysages, rencontré des gens très sympas qui m’ont bien aidés. N’est ce pas là la finalité du voyage ?  Se retrouver dans un environnement et des situations totalement nouvelles ? Improviser, gérer et apprécier des choses aussi simples que trouver une chambre où dormir, prendre une douche chaude et sortir diner dans une ville totalement inconnue qui transpire l’énergie positive ? Pour moi tout est là et je ne boude pas mon plaisir, même si au moment de défaire mon sac à dos je découvre que le cadenas a été forcé… mais pas ouvert. Satisfaction du soir, avoir acheté un cadenas solide. Le lendemain matin je mettrais 10 mn à grands coups de marteau pour qu’il cède, avec l’aide de la propriétaire de l’hôtel et d’un femme de ménage, qui ont bien compris que seul c’est un de mes doigts qui aurait cédé en premier sous les coups de marteau. Cet épisode de violence nous aura bien fait marrer tous les 3.

Lendemain matin, je me lève tôt et impatient. Impatient de découvrir cette ville dont j’ai beaucoup entendu parlé. J’ai un plan de la ville. C’est simple, la ville vieille est un immense carré, constitué de rues parallèles et perpendiculaires. Je pars, au hasard. Le ciel est bleu, la lumière matinale permet de palper et percevoir encore la texture de ces vieilles bâtisses coloniales, j’adore. Ca fleure bon l’Amérique latine des films, les clichés de brochures de voyage, et évoluer dans le décor idyllique d’une brochure de voyage, y’a pas à dire, dès le matin, ça me met en joie.

Je me mets en quête de trouver du café, un bon vrai café d’Equateur avant d’attaquer cette journée pleine de couleurs…

 

La suite très vite :)

Une place où les cireurs de chaussures oeuvrent déjà tôt le matin...

Une place où les cireurs de chaussures oeuvrent déjà tôt le matin…