Chroniques de voyage – 2

Première nuit passée, première surprise : ça caille à Quito. 2800 mètres d’altitude, les nuits sont fraîches, je m’attendais un peu à du tropical, c’est raté.

Pas très grave il est très tôt, merci décalage horaire et j’ai la dalle et surtout hâte de découvrir la ville. Je fais donc comme d’hab, je pars au hasard et je cherche une « gargote », le genre d’endroits où les locaux vont manger ce qui est synonyme souvent de bon, local et pas cher. Et je trouve de suite. Ce premier petit déjeuner me donne envie de dire « poisson du matin, chagrin ». Oui, mon espagnol ne s’est pas amélioré dans l’avion et une commande pifométrique sur l’espèce de menu m’a donné l’occasion de manger un truc plutôt poissonneux au goût. A bien y réfléchir j’ose espérer que ce n’était pas de la viande, mon bide l’a bien vécu, ça n’a pas toujours été le cas.

Je suis donc paré à visiter…. mais où est le centre ? Quelle direction ? Comment y aller ? Me voilà donc dans le bain, je demande à la serveuse de la gargote, qui comprend pas ce que je demande, finalement un client me prend par l’épaule, m’emmène à 150 m, fait signe à un bus qui s’arrête et me pousse dedans. Il a compris où je vais au moins ???? Bon bin, en tout cas j’y vais, le chauffeur voyant ma tronche de pas équatorien du tout me fait asseoir devant, la place du mort.

DSCF5267

Les gens montent, descendent du bus, me jettent parfois un regard curieux ou amusé. J’adore cette sensation de découverte, je suis là pour ça et je suis avide de VOIR et ressentir. Au bout d’une trentaine de minutes, le chauffeur me dit de descendre, que je suis arrivé « ha bon ? Mais où ? » je saute quasi en marche. Je suis au centre historique de la ville. Il est très tôt, il n’y a personne ou presque, le Centro historico, el sol et moi. La lumière ici est éclatante, l’altitude rend la lumière plus « lumineuse » et du coup la perception des choses plus « perceptibles ». La dernière phrase prouve toutefois que ça ne rend pas moins con, c’est un constat au moins aussi éclatant que la lumière.

Je suis intrigué par le fait que je semble intriguer les gens justement. Pourquoi est ce que je viens me mêler au quotidien des gens avec ma gueule d’européen, mon appareil photo couteux, dans un bus pourri et bondé alors que je pourrais me faire 10 fois moins suer dans un taxi ? C’est un peu ce que je lis dans le regard de certains. D’ailleurs je suis infoutu de répondre à cette question. Plus tard, plus loin ou jamais, on verra bien. D’ailleurs j’en suis pas à répondre aux questions mais plutôt à me les poser…

Je déambule, flâne, entre un peu partout… et je finis par me perdre. Se perdre c’est galère, pas là. Se perdre quand on voyage c’est plutôt se laisser aller. On ne prévoit pas, on se laisse porter par une odeur, couleur ou intuition. C’est comme ca que j’ai atterri dans un marché.

DSCF5287

Un marché à Quito est une expérience vraiment chouette. Expérience olfactive, visuelle. On trouve de tout, partout. J’y ai vu des fruits et légumes dont je ne soupçonnais pas l’existence. On trouve du poisson à même le sol, de la viande en plein soleil. Ca crie, ça bouge, ça bouscule. Moi qui me trouvais seul 1h avant en plein centre…. Beaucoup de plats à emporter aussi, ça sent souvent très bon, c’est tentant. Etre cochon d’Inde en Equateur n’est pas un bon plan, j’en ai vu des vivants tout mignons, mais aussi des cuits, poils et tête compris, pas très engageant.

J’ai tout de même tenté de gouter, au hasard des choses dont je n’ai pas pu déterminer ce que c’était, sinon que c’était plutôt bon mais toujours avec une petite crainte que le voyage gustatif finisse en catastrophe digestive, c’est aussi ça le risque…

DSCF5300

Le reste de la balade se fera au hasard des rues. Je tombe sur une équipe de tournage qui semble tourner un sitcom bien sirupeux, je les observe un moment et notant le décalage énorme entre ce que je viens de voir au marché et cette série aux actrices brushées et aux acteur gominés.

13h et je suis déjà explosé, j’ai cramé avec le soleil et je n’ai pas la moindre idée de comment je vais retourner à ma piaule…

 

La suite très vite :)

DSCF5282